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L'important, c'est le pied

 

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Pour l'athlète, tout commence avec un bon usage de ses pieds. Sauteurs, sprinteurs ou fondeurs, tous ont besoin d'avoir de bons appuis pour utiliser au mieux leur puissance et leur technique. Explications.

Jean-Christophe COLLIN, L'EQUIPE, samedi 28 aout 1999

Le pied est ce qui nous relie à la terre. C'est le dénominateur commun de l'athlètisme. Il est en effet un élément fondamental de toutes les disciplines puisque c'est à travers lui, selon la loi de Newton, que la Terre va renvoyer la force qu'on lui a transmise et ainsi nous propulser. Aussi, plus il sera tonique et mieux il renverra cette force. Ce que l'on traduit par cette expression idiomatique " avoir du pied ", c'est-à-dire cette faculté à transmettre au sol toute la puissance dégagée par le corps avec un minimum de perte d'énergie.
Pour cela, il faut donc avoir un pied tonique qui ne s'affaisse pas sous la pression. Pour un sprinteur, par exemple, et plus encore pour un hurdler cela implique que le talon ne doit pas toucher le sol à l'impact du pied, car c'est une perte de temps. Le contact doit s'effectuer avec la plante et se poursuivre jusqu'à la pointe à la différence d'un coureur de fond qui va dérouler le pied du talon à la pointe, sauf l'Ethiopien Haile Gebreselassie, qui, fort d'un pied extraordinaire, court presque comme les sprinteurs en escamotant la phase d'appui avec le talon, ce qui lui offre un temps d'appui plus court, mais qui lui renvoie beaucoup d'énergie très éprouvante pour les mollets. Il apparait inexorable que pour s'aligner sur les marathons, comme il le souhaite après les Jeux de Sydney, il devra changer sa manière de courir. Gabriela Szabo, la Roumaine, dispose aussi d'un pied formidable.

Le "touché" de piste

" Mais il n'y a pas de différence anatomique entre les pieds des sprinteurs et ceux des coureurs de fond, explique le podologue Eric Benguerbi, il ya en revanche une différence de fibre musculaire. Il est amusant de noter que l'armée réformait pour les pieds plats alors que les coureurs Africains ont des pieds plats physiologiques. Comme Diagana, qui a pourtant un pied très dynamique", " car il ne suffit pas d'avoir un pied tonique, note Jacques Piasenta, l'entraineur de Christine Arron, il faut aussi avoir un pied propulsif ".

Ainsi le pied doit résister à la pression de l'impact, mais ensuite dynamiser l'appui. C'est ce que fait remarquablement Christine Arron, par exemple. " Carl Lewis, qui n'avait pas de cuisse était donc très fort en pied, note Piasenta. En revanche quelqu'un comme Stéphane Cali, puissant des cuisses, a longtemps eu un pied déficient. Il s'est aujourd'hui amélioré grace à tout un tas d'exercices qui permettent de progresser dans ce domaine. Marie-Jo Pérec n'avait pas beaucoup de pied en 1991 (l'année de son premier titre mondial), il était nettement meilleur en 1992 (l'année de son premier titre olympique).Pedroso a été gaté à ce niveau, Maurice Greene aussi a un très bon pied. Chantal Réga également lorsqu'elle courait, on entendait absolument rien, car il y a un touché de piste comme il y a un touché de balle en tennis. Le pied d'un athlète est quelque chose d'intelligent, de subtil."

En effet, quand ça claque sur la piste, c'est le signe que l'athlète attaque le sol avec le talon. En revanche, s'il court "en silence", cela signifie qu'il attaque la piste avec la plante, puis il griffe avec la pointe du pied, nottament le gros orteil, élément fondamental de la course. A cet égard, certains sont plus avantagés que d'autres.
Il existe en effet deux sortes de pied. Le pied égyptien avec le premier orteil plus long que le deuxième. Et le pied grec avec le deuxième orteil plus grand que le gros. " Dans ce dernier cas, explique Eric Benguerbi, on peut considérer que c'est handicapant car le fait d'avoir le gros orteil moins long amène à ètre moins efficace dans la phase de propulsion du gros orteil."
Quant à la taille du pied, elle n'a pas d'incidence. Sauf peut-ètre en saut en hauteur, ou un grand pied constitue un levier plus important. Ainsi, Sotomayor chausserait du 50. En revanche, avoir un pied tonique et propulsif est très important dans une course comme le 200 m. En effet, dans le virage le pied est soumis à une forte torsion à laquelle il doit résister. " Il faut avoir une semelle qui ne navigue pas et une chaussure qui ne se torde pas. Mais, d'une manière générale, il faut éviter d'avoir des chaussures trop moelleuses car on perd de l'énergie."


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