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Grégory GABELLA

 

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Flirtant longtemps avec le dilettantisme, souvent accablé par les blessures, le sauteur en hauteur a réussi un coup énorme en s’imposant à 2,30m en Coupe d’Europe.
Au premier coup d’œil, tout semble très simple. Dès sa première compétition FFA, alors qu’il n’est que cadet 1, Grégory Gabella passe la barre symbolique des 2m. On devine tout de suite qu’il ira très haut. Mais l’athlétisme se moque de ce qui est écrit à l’avance. Depuis ses jeunes années, où son talent pur lui permettra, quelque temps durant, de maintenir l’illusion que tout s’obtient facilement, le licencié de l’AS Aix-les-Bains n’a pas été ménagé par la douleur et le doute. Bien sûr, il culmine à 2,19m dès sa deuxième année cadet, puis franchit sans trop d’encombrés le cap des 2,20 m. Il fait partie de la génération dorée qui, des rangs juniors, ramena tant de médailles à la France. Mais la courbe de sa progression, dès lors, se met à stagner. «J’avoue que je n’étais pas un bourreau de travail et que je ne m’entraînais jamais intensément à cette époque. La hauteur est une discipline piège : avec des aptitudes, vous pouvez sauter à 2,20 m facilement, ou presque.» Entre blessures et dilettantisme, sa carrière rejoint un temps la voie de celles des éternels espoirs. au grand regret de ses proches. Alors que la discipline manque de leaders en France, la nouvelle vague semble encore trop tendre pour prendre les choses en mains. Grégory, lui, s’interroge sur la part de lui-même qu’il se sent capable d’investir dans l’athlétisme. Il y a les études de commerce, les sacrifices et la rigueur indispensables... Jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’a « pas envie de rester toute [sa] vie un simple potentiel. J’en ai eu ma claque des perfs à 2,22m. C’est bien, mais cela ne me faisait plus jubiler». Il comprend peut-être aussi à quel point il aime sa discipline. Il en parle d’ailleurs comme celui qui ne saurait vivre sans, qu’il évoque les relations d’athlète à entraîneur («un échange d’émotions»), ou son « casse-tête merveilleux». «La hauteur est une discipline aussi belle que compliquée, décrit-il. Plus jeune, j’étais attiré par la sensation de voler. Mais un saut est aussi un casse-tête à résoudre, la seule discipline de l’athlétisme qui s’effectue en trois dimensions: vous prenez votre élan dans deux directions, avant de sauter à la verticale. La hauteur, c’est une multitude de paramètres à combiner, un grand nombre de clés à avoir. S’il en manque une seule, vous pouvez passera coté.»

Le jeune homme, désormais, veut tout maîtriser. Il est décidé à s’en donner les moyens. Mais les blessures et le manque de structures de la discipline en France ne sont pas pour l’aider. Le Savoyard s’entraîne seul pendant trois ans. « Si je ne voulais pas aller m’entraîner, rien ne m’y obligeait», remarque-t-il. Cette année, pas plus que les précédentes, il n’était tenu à quoi que ce soit. Mais un projet d’études aux Etats-Unis qui tombe à l’eau, et voilà notre sauteur fort dépourvu quand l’hiver est venu. « Du coup, pendant six mois, je me suis retrouvé complètement dégagé d’obligations scolaires.» Et totalement disponible pour l’athlétisme. Il partage son temps à travailler avec Pierre Carrez à Aix et Jean-Patrick Thirion à Rouen. Si une nouvelle blessure ralentit encore sa maturation cet hiver, Gabella débarque gonflé à bloc à Annecy, d’autant que le concours a lieu près de chez lui, le jour de ses 22 ans – l’âge auquel on n’est plus tout à fait un espoir. Comme d’habitude, le scénario manque de se répéter. Un échec, deux échecs à 2,19m, la fin allait ressembler à toutes les séries B dans lesquelles le garçon tenait le premier rôle depuis trois ans. Quelques minutes plus tard, il avait enfin franchi cette barre de 2,30 m, porte d’entrée du haut niveau. «Tout cela, soudain, m’a semblé très facile», s’étonnait-il après-coup. En une après-midi, Grégory Gabella a résolu une partie de son casse-tête, pris les rênes de la hauteur française, et s’est débarrassé de ses états d’âmes pour ne plus regarder que vers l’avenir. Munich? On jurerait qu’il n’a pas encore eu le temps d’y réfléchir, de réaliser que 2,30m l’y amèneraient sans doute très près du podium. «Même si je travaille dans une perspective plus longue, comme celles de 2003 et 2004, je prendrai ce qui viendra. Le plus important, maintenant, sera d’être régulier à 2,30m au moins.» Grégory a eu suffisamment de mal à monter là-haut pour vouloir y rester le plus longtemps possible !

CYRIL POCRÉAUX    

 

gregory gabella


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