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Produire, restituer, utiliser

 

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Jean-Patrick THIRION, référent du saut en hauteur, commente les différents styles de Javier Sotomayor (Cuba), Patrick Sjöberg (Suède) et Mark Boswell (Canada)

 

Le saut en hauteur, comme toutes les disciplines de l'athlétisme, est composée de trois actions fondamentales: produire de l'énergie (ce qui correspond à la course d'élan pour le sauteur), restituer de l'énergie (l'impulsion) et enfin l'utiliser (ce qui se fait pendant la phase aérienne). Chaque sauteur est naturellement organisé autour de l'une des trois actions, et cette dominante influe sur les autres phases, d'où des styles différents. Les sauteurs à dominante course se caractérisent par une position en «ciseau renversé» au dessus et derrière la barre: le sauteur tend à être parallèle à la barre, en particulier avec les épaules et le bassin.

Les sauteurs qui privilégient l'impulsion se caractérisent par une position «en chaise» dans la phase aérienne. Ils ont un angle d'attaque plus ouvert par rapport au plan de la barre: ils décollent davantage à la verticale que les autres et l'amplitude du saut est plus petite. En France, Joël Vincent sautait de la sorte. Eunice Barber le fait également, dans une moindre mesure, car elle insiste également sur sa course d'élan.

Enfin, les athlètes organisés principalement autour de la phase aérienne ont à peine décollé que leur bras droit est déjà derrière la barre pour franchir. Leur angle d'attaque par rapport au plan de la barre est plus fermé, bien plus proche de la parallèle au plan de barre que celui des sauteurs à dominante impulsion.

Si l'on reprend les trois exemples choisis, on peut dire que Sotomayor privilégie surtout la production (la course) et la restitution d'énergie (l'impulsion). Au dessus de la barre, son style est donc à mi chemin entre la chaise et le ciseau renversé. Sjôberg, lui, insiste sur la production et l'utilisation de l'énergie au dessus de la barre, mais pas sur l'impulsion. Enfin, Boswell mise peu sur sa course d'élan (elle est rapide mais présente des fautes), mais son impulsion et son comportement dans la phase aérienne sont excellents.

Il faut bien noter que les sauteurs s'organisent en fonction de leur dominante, mais que le saut en hauteur est un compromis entre les trois actions. L'athlète confirmé est capable de sauter en maîtrisant deux d'entre elles; l'expert va lui s'appuyer sur les trois. Mais on s'aperçoit qu'au meilleur niveau mondial, les sauteurs ont tous tendance à privilégier l'une des trois caractéristiques: l'impulsion. Toutefois, leur penchant naturel peut se deviner, entre autres, dans l'angle d'attaque qu'ils ont par rapport à la barre.

Cette grille de lecture doit permettre aux entraîneurs et aux athlètes de se situer en fonction de leurs qualités et de leur histoire. Le saut est un équilibre entre trois actions. La hauteur est un tout. Le saut est un système composé de trois actions. Faire évoluer une des trois actions, c'est modifier la forme du système et le rapport des actions entre elles, c'est-à-dire modifier la forme globale et visuelle du saut. Ceci est lourd de conséquence pour l'entraîneur. En effet, on peut modifier le comportement du sauteur dans la phase aérienne en apportant uniquement des consignes sur la course d'élan.»


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