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Ainsi saute Fosbury

 

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La " technique Fosbury " n'est sans doute pas facile à acquérir et à exécuter, car elle requiert des attitudes peu communes ; son analyse mécanique et dynamique révèle des mouvements d'une difficulté exceptionnelle qui ne peuvent pas être aisément assimilés par la plupart des sauteurs. Certains « temps " d'exécution (particulièrement ceux effectués sur la barre) nécessitent un contrôle psycho-moteur d'une sensibilité extrême qui n'est pas à la portée de tous. Toutefois, certains aspects nettement positifs sont intéressants ; 1' " appel ", par exemple, tel qu'il est pratiqué par Fosbury, est d'une admirable efficacité dynamique. On remarque, dans la photographie 12, sa grande affinité avec celui du saut en longueur et effectivement l'athlète réussit à prendre son appel en profitant d'une vitesse supérieure à celle donnée par l'appel classique.

L'action présentée est une exécution effectuée avec la barre à 2,13 m à la réunion en salle de Los Angeles du 15 janvier dernier. Fosbury prend son élan rapide de huit pas en partant presque face à la barre, légèrement sur la gauche et, s'appro-chant par un mouvement semi-circulaire (très semblable à celui pratiqué par les athlètes bien connus qui exécutent le classique " Lewden " : Yata, Asakuma et Tanaka, admirés à Berlin en 1936), il prend l'appel en appuyant sur le pied droit extérieur, étant placé à peu près perpendiculairement à la barre (fig. 9, 10, 11, 12).

Les quatre premières photographies montrent les quatre derniers pas de l'élan : sur la fig. 1, l'athlète fait son cinquième pas, sur la fig. 2, son sixième pas, sur les fig. 4-5-6, l'avant-dernier pas et sur les fig. 7-8-9 le dernier pas avant l'appel (fig. 10-11-12). Le grand effort dynamique du sauteur est évident dans ces phases : à part le mouvement semi-circulaire, qui est nécessaire pour favoriser la position particulière qui sera ensuite adoptée sur la barre, nous nous trouvons ici devant une poussée complète des jambes (effectivement, jusqu'au dernier contact à terre du pied gauche (fig. 6), le sauteur prend toujours nettement contact avec l'avant-pied, comme pour le saut en longueur) et donc également d'une inclinaison en arrière de la partie supérieure du corps visiblement inférieure à la normale, semblable presque à celle du Suédois Bengt Nilsson, champion des années 1954-55.

La conclusion de ces phases est pour Fosbury d'une efficacité admirable : en observant les fig. 12 et les suivantes, on remarque avec quelle technique parfaite l'Américain réussit à utiliser l'énergie acquise par l'élan pour s'élever et effectuer, sans perdre les effets de l'élan, une poussée selon une ligne de force allant du pied d'appel droit à l'extrémité de la tête. Nous nous trouvons donc devant un " plongeon " dorsal parfait et non ventral tel que le réalisait il y a quelques années Bob Avant, plongeon qui se développe au moment où la tête et les épaules passent par-dessus la barre. C'est en cela que consiste véritablement la " nouveauté " du saut de Fosbury par rapport à tous les autres réalisés dans le passé par des champions de cette spécialité.

La technique connue sous le nom de " Larsen " (du nom de l'Américain qui l'effectua le premier en 1919) consistait en la position du corps sur la barre en sens inverse de celle illustrée par les fig. 17-18, c'est-à-dire avec les pieds et les jambes vers l'avant. Les athlètes les plus connus ayant adopté cette technique ont été le Finlandais Kotkas, l'Allemand Weinkotz, le Belge Delenienne, le Nigérien Osagie.

Il n'y a pas de doute que cela représente une difficulté énorme que d'assumer une position de balancement " à dos voùté " d'une façon aussi efficace que le fait Fosbury (fig. 17-18), et en général la majorité des athlètes ne la pratiquent pas : la position " ventrale " actuellement plus courante est beaucoup plus naturelle et instinctive.

Reste ensuite à remarquer comment Fosbury réussit à ramener les jambes de l'autre côté de la barre : après avoir levé les pieds vers le haut d'en dessous de la barre (fig. 16-17-18), il " coule " nettement sur le dos (fig. 19-20-21) en allongeant en même temps les jambes vers le haut, de façon à ce que l'arrivée sur les tapis mous et épais (fig 22), qui sont absolument indispensables pour cette technique,' se présente presque comme une fermeture du corps " en livre " avec appui sur le bassin.

Texte et photos de Luclano FRACCHIA.

(Avec l'aimable autorisation de " Atletica Leggera ", n" 111, aoùt 1968.)


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