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Etude historique du saut en hauteur

 

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EVOLUTION ET AMELIORATIONS TECHNIQUES

Comme on l'a vu dans cette étude, révolution technique du saut en hauteur, jusqu'en 1956 environ, résida essentiellement dans une lutte pour l'amélioration du mode de franchissement. Amélioration voulue et recherchée par les athlètes et entraîneurs, mais que le règlement ne permettait pas. Les modifications successives de ce dernier permirent un franchissement plus économique de la barre ; l'amélioration technique qui en résulta constitua un progrès du point de vue mécanique.

C'est ainsi que, dans une première période, s'est opérée l'évolution du saut de côté " en ciseau ", dit encore : " à l'américaine ", vers le " retournement intérieur ". Pour mémoire, indiquons que la pratique du saut " en extension dorsale " - dos face à la barre - que pratiquait l'Américain Page, recordman de 1887 à 1895 (1 m 93), remise à l'honneur par quelques athlètes européens entre les deux guerres, dont le Français Ménard, 3ème aux Jeux Olympiques de 1928 avec 1 m 91, fut abandonnée définitivement pour son manque d'efficacité, tout comme le " retournement à l'intérieur ".

C'est vers 1910 que l'Américain Horine créa le " western roal " ou " rouleau costal ", lequel fut longtemps considéré comme un saut truqué, non conforme au règlement. Pendant une vingtaine d'années, il y eut de fréquentes contestations sur la valeur des sauts réalisés par les pratiquants du " rouleau costal ". D'autre part, durant les Jeux Olympiques de Paris, en 1924, on reprocha à Osborne, vainqueur " costal ", de bloquer la barre entre les taquets et les poteaux à l'aide du bras pour l'empêcher de tomber. Pour ne pas permettre ce truquage, le règlement fut modifié en ce qui concerne la position des taquets, lesquels furent placés à l'intérieur des poteaux.

Mais à cette époque (vers 1925), les contestations continuaient car le rouleau costal ne correspondait pas à la définition du " saut correct " par le règlement. En effet, ce règlement disait :

" Un saut correct est celui pendant lequel la tête du concurrent ne passe pas au-dessus de la barre avant les pieds, et n'est pas au dessous des glissières-supports (taquets) pendant le franchissement de la barre par tout le corps. Aucun saut périlleux ou plongeant au-dessus de la barre n'est permis. "

Or, ni le saut " costal " ni, a fortiori, le " ventral " apparu en 1936 aux Jeux Olympiques de Berlin avec Albritton, ne correspondaient à la définition que nous venons de rappeler ci-dessus, cependant modifiée, non plus même qu'à la réglementation en vigueur il y a environ trente ans, qui stipulait :

" Aucun saut plongeant ou saut périlleux au-dessus de la barre n'est admis ; le concurrent devra prendre son appel d'un seul pied. "

Pourquoi ? Parce que dans le ventral (photo ci-contre), la tendance à " plonger " est une des caractéristiques qui lui confère économie et efficacité.

Depuis lors, le règlement - qui, comme nous l'avons dit, s'opposait au progrès - a été extrêmement simplifié en ce qui concerne le franchissement de la barre, puisqu'il stipule : " Les concurrents devront prendre leur appel sur un seul pied ", ce qui laisse beaucoup de liberté à l'athlète.

Bien entendu, en dehors de cette controverse parfois passionnée sur les modes de franchissement, leur régularité et leur efficacité, il y eut des recherches et des précisions apportées par des athlètes et des entraîneurs, à la longueur, au rythme et à la précision de la course d'élan.

De même qu'une grande importance fut donnée à la " concentration " de l'athlète avant le saut.

Mais ce n'est qu'avec l'école soviétique que, depuis bientôt dix ans, l'accent a été mis, que de nets progrès ont été apportés à une autre phase de saut, essentielle, l'ELAN-IMPULSION.

Avec, en même temps, une recherche systématique et beaucoup plus poussée de l'amélioration des qualités physiques du sauteur, en particulier grâce à la musculation. En .effet, le développement de la force en détente du train inférieur lui procure une réserve de puissance considérable, de même que la création d'habitudes motrices précises et efficaces, fruit d'un travail scientifique et tenace, assure un meilleur rendement.

 

 

AMELIORATIONS MATERIELLES

Les améliorations sont peu sensibles, parce que limitées à l'équipement et à la composition des sols, de l'aire de saut en particulier. En ce qui concerne l'équipement, à part la controverse que nous avons relatée à propos de l'épaisseur de la semelle, fixée maintenant par le règlement, il n'y a pas eu beaucoup d'améliorations. Les chaussures, malgré l'apport de pointes à la semelle et au talon, ont été très étudiées et de plus en plus allégées. Certains sauteurs suppriment la chaussure de la jambe libre. Les compétitions " en salle " nécessitent l'utilisation de chaussures spéciales, en matière plastique ou en caoutchouc, la nature de la piste d'élan ayant une grosse influence sur la performance.

En ce qui concerne le vêtement, maillot et culotte ont été de plus en plus raccourcis, dans les limites de la décence et du règlement pour ne pas gêner l'athlète, ou risquer de faire tomber la barre. Ce qui arriva autrefois au champion français Géo André, qui fut privé d'une grande victoire internationale, sa culotte trop longue ayant fait tomber la barre. Notons encore qu'un jour les officiels interdirent le port du collant de jambes (c'était au saut à la perche) parce qu'un athlète avait imaginé de renforcer sa musculature par des bandages de caoutchouc dissimulés !

La composition des sols a été progressivement améliorée. De la pelouse à la terre battue, elle est passée à la cendrée mélangée à d'autres matériaux. L'aire ou piste d'élan pour les sauts reçoit des soins particuliers.

La composition des sols est étudiée scientifiquement, car elle doit être à la fois souple, élastique et consistante afin d'offrir une bonne réaction à la pression du pied du sauteur. Des progrès sont encore à réaliser dans ce domaine. Nous pensons qu'une formule comprenant une certaine proportion de matière plastique, ou autre, voire du caoutchouc, lui conférant une homogénéité permanente sera préconisée à l'avenir. Elle pourra être utilisée quels que soient le climat et les conditions atmosphériques donnant ainsi plus de régularité aux épreuves (1).

 

 

CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES DEVENIR

De nombreux facteurs s'ajoutent à ceux qui viennent d'être examinés pour expliquer et justifier que les records actuels seront battus. En particulier, le désir et l'ardente volonté, pour le champion, de connaître la limite de ses propres forces ! Mais encore, ne faut-il pas s'attendre à voir surgir des talents exceptionnels de ces millions d'hommes qui découvrent le sport, en reconquérant leur indépendance et leur liberté ? De tous ces croisements de races, de toutes ces énergies qui naissent, des individus particulièrement doués par la nature peuvent porter le record du saut en hauteur à 2 m 40, voire 2 m 50... Il n'y a pas de limite. Prenons le cas, par exemple, d'un sauteur comme l'Américain Davis, vainqueur aux Jeux Olympiques d'Helsinki en 1952, avec 2 m 12. Sa taille était de 2 m 04, et imaginons un instant qu'il saute comme Brumel 43 cm de plus que sa taille, nous arrivons à... 2 m 47 !

R. CHANON et M. BAQUET.

(1) Précisons que cette étude s'arrête à octobre 1963. Nous avons néanmoins jugé qu'elle présentait un grand intérêt ne serait-ce que par son caractère prophétique quant aux nouvelles pistes (tartan et autres) entrées depuis quelque temps en usage un peu partout dans le monde. Ajoutons que, récemment, un jeune Américain du nom de Niemand a défrayé la chronique sportive en franchissant 2,19 m de la façon suivante : après un élan terminé par une " roue " de gymnaste, il plonge par-dessus la barre. Niemand assure être en mesure de sauter dès cet été... 2,28 m. Nous attendons avec intérêt la réaction de la Fédération Internationale en cette année olympique...

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Tableau comparatif Jeux Olympiques / Record du Monde


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